Comptabilité Trucs de gestion

Quand engager
un comptable pour
votre entreprise?

Selon Manuel Fresnais, président du cabinet de traduction Sematos, même les entrepreneurs les plus confiants gagnent à faire affaire avec des professionnels au tout début de leur entreprise, notamment avec un comptable et un avocat.

Cet article a été révisé en novembre 2018 afin de le remettre au goût du jour!

Après avoir quitté les Forces armées canadiennes, Manuel a commencé un baccalauréat en traduction à l’Université Laval avec l’intention de prendre la relève de son père, qui était traducteur à son compte. De fil en aiguille, il en est venu à créer son propre cabinet de traduction.

« Je m’estimais assez à l’aise avec les chiffres », confie-t-il. « J’avais débuté un profil entrepreneuriat à l’université et j’avais également suivi un cours de comptabilité ».

Pendant les premières années de son cabinet, qui ne comptait alors qu’une poignée de traducteurs, Manuel a voulu économiser en s’occupant lui-même de la comptabilité de son entreprise. Il aurait toutefois délégué sa comptabilité assez rapidement s’il avait mieux connu les bénéfices que représente l’embauche d’un comptable.

Payer un comptable, c'est payant

Depuis qu’il fait affaire avec un comptable, Manuel réalise qu’il surestimait ses capacités et que la meilleure manière d’économiser plus tôt aurait été, ironiquement, d'ajouter une dépense à son budget.

« Il y a une différence entre être bon en comptabilité et être un comptable professionnel », admet-il. « Quand je m’occupais de ma propre comptabilité, je ne pensais pas nécessairement à faire un suivi de mes marges et de mes ratios. Je faisais un suivi de mes états financiers, mais il n'était pas parfaitement représentatif ».

Selon Manuel, les entrepreneurs en démarrage sont souvent absorbés par les défis du quotidien et le court terme, alors que les comptables ont une plus grande facilité à voir le portrait global des finances et à suggérer des solutions à long terme. Ce n'est donc pas uniquement une question de connaissances spécialisées, précise-t-il, mais aussi une question de contexte de travail.

Toutefois, les connaissances spécialisées jouent aussi un rôle important.

Par exemple, pour les impôts de votre entreprise, faire affaire avec un comptable fiscaliste vous offrira plusieurs bénéfices. En plus de vous aider à prendre de meilleures décisions d’affaires, ce dernier pourra vous aider à choisir les bons outils pour préparer efficacement votre déclaration de revenus.

« C’est un peu comme dans mon domaine, c'est-à-dire la traduction », illustre Manuel.

« Une entreprise peut décider de faire traduire ses textes par un employé bilingue afin d'économiser. Mais cette décision est souvent motivée par une ignorance des subtilités de la langue et des conséquences que peuvent avoir les traductions amateurs. En comptabilité, c’est la même chose : si on n’est pas un professionnel, on ne peut pas connaître toutes les subtilités fiscales et leurs conséquences. En d'autres mots, quand on ne consulte pas un professionnel, souvent, c'est parce qu'on ignore qu'on ignore, et cette double ignorance engendre souvent des coûts en aval ».

Combien de campagnes publicitaires ont-elles échoué en raison d’une mauvaise traduction? Pareillement, combien d’entreprises n’ont pas exploité le plein potentiel de leurs revenus en ne confiant pas leur comptabilité à un professionnel? Depuis qu'il s'est tourné vers Hamel Comptable, un membre de l'Ordre des CPA, Manuel estime qu'il évite ce genre de coûts en aval.

À la découverte de nouveaux actifs

Quand Manuel a incorporé son entreprise, il n’a pas fait de roulement d’actifs car il estimait qu’avec ses quelques ordinateurs et chaises, cela ne valait pas la peine. Cependant, en faisant affaire avec un professionnel, il a appris que ses possessions n’étaient pas que matérielles.

« Je n’aurais jamais pensé que mes mémoires de traductions pouvaient être considérées comme un actif », donne-t-il comme exemple.

Une mémoire de traduction est un outil informatique utilisé par les traducteurs professionnels pour enregistrer les termes et les segments des textes qui ont déjà été traduits. Le traducteur sauve ainsi du temps en évitant de la future recherche à lui et à ses collègues.

« Une des mémoires de traduction de Sematos contient approximativement 750 000 entrées, soit plus de 7 millions de mots. C’est difficile à évaluer, mais si cette mémoire de traduction me fait économiser en moyenne un sou du mot, mine de rien, elle vaut un pourcentage non négligeable de mes revenus ».

L'avocat : le professionnel à ne pas oublier

Comment faire entrer la mémoire de traduction dans la valeur de l’entreprise sans qu’elle devienne un avantage imposable? Pour en avoir le cœur net, c’est un avocat que Manuel a dû consulter. La comptabilité et le droit sont des disciplines très proches, rappelle-t-il. C’est pourquoi il estime qu’un avocat devrait aussi être consulté assez tôt dans le processus de démarrage d’une entreprise.

« Créer une entreprise, ça se fait en claquant des doigts. Tu vas au registraire des entreprises, tu donnes tes renseignements, tu payes tes frais, puis c’est fait : ta compagnie est créée du point de vue gouvernemental. Par contre, l’aspect légal, c’est plus compliqué. Par exemple, personne ne te dira que tu dois obligatoirement faire un livre des minutes. L’avocat, lui, va te le dire. »

À défaut d'avoir pris la relève de son père en tant que traducteur autonome, Manuel est aujourd'hui à la tête d'un cabinet de traduction qui compte près d'une quinzaine de traducteurs.

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Avec la participation de

Manuel Fresnais
Président de Sematos
www.traductionsematos.com